La page blanche
Fleurs du mal-être à deux
J’aimais ton accent grave
Qui momifiait le temps
Des interdits qu’l’on brave,
Loin des regards curieux
Avant que d’être vieux,
Aussi vide qu’une page
Blanche comme une image…
Quelques notes emportées
Pour faire danser les mots
Fusionnaient en émoi
Et me brûlaient les doigts.
Un rythme balançait
D’incestueux tango,
Sombre comme un nuage
Aux prémices de l’orage…
Laisse aller c’est la pluie
Qui caresse ton visage
Une goutte se meurt
Lentement sur tes seins.
L’élégance du fruit
Que la saveur partage
Vint endiguer nos peurs
Jusqu’au petit matin…
Car l’art ! Travail d’orfèvre
Fait d’éthique et de tact
Faisait sonner l’horloge
Sous un couvert d’éloges.
Le sourire de tes lèvres
Et ma passion intacte
Vouaient à nos bels âges
Ce « fièvre » enfantillage…
Ma tête sur ton ventre
Aux délices inspirés,
Nébuleux automate
Que la fleur aromate.
Caressait l’épicentre
Tout autant désiré,
Prudents et presque sages
Vers l’inconnu voyage…
Laisse aller c’est la pluie
Qui caresse ton visage
Une goutte se meurt
Lentement sur tes seins.
L’élégance du fruit
Que la saveur partage
Vint endiguer nos peurs
Jusqu’au petit matin…
Loin des regards curieux
Des interdits qu’l’on brave
À la rosée naissante
De nos amours servantes.
Un ordre impétueux
Que mon esprit concave
Fila, triste ombrage,
En refermant la page….
Le temps gris qui s’enfuit
Fol me décourage
Et l’ombre de ses pleurs
Masque nos lendemains.
Ces mille et une nuits
Que ta flamme sauvage
Prête aux songes rêveurs
Un charme libertin…
